Recherche fondamentale, talents, coopération européenne, transfert technologique, DeepTech et industrialisation : l’automne 2026 ouvre une nouvelle séquence pour les équipes qui travaillent sur l’intelligence artificielle.
À la rentrée, les calendriers de financement se resserrent. Plusieurs appels structurants sont ouverts simultanément, à des niveaux différents de maturité scientifique et technologique. Pour une équipe de recherche, une jeune pousse DeepTech, un laboratoire commun avec une entreprise ou un consortium européen, l’enjeu n’est donc pas seulement de trouver « un financement ». Il est de choisir le bon instrument au bon moment de la trajectoire d’un projet.
C’est tout le sens de cette synthèse. Elle reprend les opportunités explorées pendant la série Summer Funding, les met à jour pour la rentrée et propose une lecture transversale des dispositifs actuellement accessibles aux communautés de l’IA. L’objectif est simple : permettre à chacun de comprendre où se situe son projet, quel dispositif peut être pertinent, ce que le financeur cherche réellement à soutenir et comment construire une candidature solide.
Le premier réflexe : ne pas partir de l’appel, mais du projet
Un appel à projets n’est pas un catalogue dans lequel il faudrait faire entrer artificiellement une idée.
Les meilleurs projets commencent généralement par une question scientifique, une rupture technologique, un besoin industriel ou sociétal clairement identifié. Le financement intervient ensuite comme un instrument de structuration d’une trajectoire.
Cette distinction est essentielle en intelligence artificielle.
Un même résultat scientifique peut, selon son niveau de maturité, relever d’un financement de recherche exploratoire, d’un programme européen de frontier research, d’un dispositif de maturation, d’un laboratoire commun, d’un financement DeepTech ou d’un programme d’industrialisation.
Le bon raisonnement est donc moins :
Ι « Quel appel finance l’IA ? »
que :
Ι « De quoi mon projet a-t-il besoin maintenant pour franchir son prochain verrou scientifique, technologique ou industriel ? ».
Cette approche permet de lire les dispositifs comme un continuum.
Question scientifique → preuve de concept → démonstrateur → validation → maturation → transfert → industrialisation → changement d’échelle.
C’est ce continuum qu’il faut garder en tête lorsqu’on regarde les opportunités de l’automne 2026.
Recherche fondamentale : financer la question avant de financer la solution
L’un des appels majeurs de cette rentrée est l’Appel à projets générique 2027 de l’ANR.
Ouvert depuis le 16 juillet 2026, il constitue le principal appel de l’Agence nationale de la recherche. Il s’adresse à toutes les communautés scientifiques et couvre les recherches fondamentales, exploratoires et finalisées, dans toutes les disciplines.
La première étape se clôture le 13 octobre 2026 à 17 h, heure de Paris. L’ANR annonce par ailleurs la publication du Guide de l’AAPG 2027 et de la trame de rédaction au début du mois de septembre.
L’AAPG est particulièrement intéressant pour l’IA parce qu’il ne faut pas réduire la recherche en intelligence artificielle à une discipline autonome. Les problématiques peuvent relever des mathématiques, de l’apprentissage automatique, de l’optimisation, des sciences du numérique, de la robotique, de la cognition, des sciences humaines et sociales, de la santé, de l’environnement ou encore des interactions humain-machine.
La force d’un projet n’est donc pas nécessairement de comporter le mot « IA » dans son titre. Elle réside dans la qualité de la question scientifique, la rupture proposée, la plausibilité de l’hypothèse et la capacité du programme de travail à produire des connaissances nouvelles.
L’AAPG 2027 comprend 57 axes scientifiques. L’ANR organise à partir du 7 septembre une nouvelle édition des « Rendez-vous de l’ANR », avec des webinaires consacrés aux axes scientifiques, aux départements et à la préparation de l’étape 1.
À retenir
AAPG 2027
Ouverture : 16 juillet 2026
Étape 1 : 13 octobre 2026, 17 h
Nature : recherche sur projets
Périmètre : toutes disciplines, recherche fondamentale, exploratoire ou finalisée
Point d’attention : lire le Plan d’action, le Guide et la trame avant de figer le projet.
L’excellence européenne : quand le projet devient une proposition de recherche
La rentrée 2026 est également marquée par plusieurs échéances européennes importantes.
ERC Starting Grant 2027
Le nouvel appel ERC Starting Grant 2027 est ouvert depuis le 22 juillet et se clôturera le 14 octobre 2026.
Le programme a profondément évolué pour cette nouvelle édition : l’éligibilité des Starting Grants couvre désormais les chercheurs ayant soutenu leur doctorat jusqu’à dix ans avant le 1er janvier 2027, avec des possibilités d’extension dans certaines situations documentées. Le financement peut atteindre 1,5 million d’euros sur cinq ans, avec jusqu’à 1 million d’euros supplémentaires pour certains coûts éligibles dûment justifiés.
L’ERC fonctionne selon une logique très différente d’un appel thématique. Il ne s’agit pas de démontrer que son projet répond à une priorité sectorielle prédéfinie. Le financement repose sur l’excellence du chercheur et l’excellence scientifique du projet, selon une approche bottom-up.
Pour les chercheurs qui envisagent une candidature, cela implique un travail spécifique sur le positionnement scientifique, l’ambition intellectuelle, la démonstration de la rupture et la cohérence entre trajectoire du chercheur et programme proposé. L’ERC recommande lui-même de commencer par identifier le bon instrument, de choisir l’institution d’accueil et l’équipe, puis de travailler suffisamment tôt la proposition avec des relecteurs et le Point de contact national.
Un webinaire consacré au programme de travail ERC 2027 est par ailleurs prévu le 10 septembre 2026.
Les talents : une candidature est aussi une trajectoire scientifique
Pour les chercheurs en mobilité, les Marie Skłodowska-Curie Actions Postdoctoral Fellowships 2026 constituent une échéance immédiate.
L’appel dispose d’un budget indicatif de 399,05 millions d’euros et se clôture le 9 septembre 2026. Il vise à soutenir le potentiel créatif et innovant des chercheurs postdoctoraux à travers la mobilité internationale, interdisciplinaire et intersectorielle.
Le point important est de ne pas présenter une fellowship comme un simple financement de salaire.
Une candidature MSCA doit construire une trajectoire de développement scientifique et professionnel : projet de recherche, compétences acquises, mobilité, environnement d’accueil, transfert de connaissances et perspectives de carrière.
Pour une communauté IA, cette dimension est particulièrement intéressante dans des projets à l’interface de plusieurs disciplines ou entre recherche académique et monde socio-économique.
À retenir
MSCA Postdoctoral Fellowships 2026
Budget indicatif : 399,05 M€
Date limite : 9 septembre 2026
Objectif : recherche postdoctorale, mobilité et développement de carrière.
Construire l’Europe avant de construire le projet
Tous les financements européens ne commencent pas par le dépôt du projet de recherche lui-même.
Certains instruments financent d’abord la capacité à construire un consortium international.
C’est notamment le rôle du MRSEI, du SRSEI et du J-MRSEI de l’ANR.
Le SRSEI est ouvert en continu jusqu’au 31 décembre 2026.
Le J-MRSEI, lancé en phase pilote en 2026, est destiné notamment aux coordinateurs français ou responsables scientifiques français de projets PRCI ou FRAL qui souhaitent préparer un projet ambitieux européen ou international. Il peut financer jusqu’à 36 000 euros sur 24 mois, uniquement pour la constitution du réseau scientifique, et non pour financer directement la recherche.
Cette logique est importante. Un consortium européen performant ne se construit pas au moment où le formulaire ouvre. Il se construit par la connaissance mutuelle, la complémentarité scientifique, la gouvernance, la répartition des rôles et la capacité à faire émerger une ambition commune. Le financement du montage devient alors lui-même un outil de stratégie scientifique.
De la preuve scientifique à la technologie : l’EIC Transition
C’est probablement l’un des dispositifs les plus emblématiques du continuum recherche → innovation.
L’EIC Transition 2026 dispose d’un budget de 100 millions d’euros et d’un unique cut-off, fixé au 16 septembre 2026 à 17 h.
L’instrument vise des résultats issus de projets européens antérieurs, généralement à des niveaux de maturité TRL 3 ou 4, afin de les faire progresser vers des niveaux TRL 5 ou 6, tout en développant leur potentiel d’application et de marché.
L’EIC Transition peut financer jusqu’à 2,5 millions d’euros par projet. Mais son intérêt ne réside pas uniquement dans le montant. Il finance une phase critique de l’innovation : celle où un résultat scientifique prometteur doit démontrer qu’il peut devenir une technologie crédible. Cela suppose de travailler simultanément : validation technologique, propriété intellectuelle, cas d’usage, marché, modèle économique, partenaires et stratégie de commercialisation.
C’est précisément ce qui distingue la maturation technologique d’un financement de recherche classique.
La DeepTech européenne : prendre le risque technologique
L’autre grand instrument du continuum est l’EIC Pathfinder.
Le Pathfinder soutient les recherches très en amont, avec l'objectif de faire émerger la base scientifique et technologique de technologies radicalement nouvelles. Pour 2026, l’EIC Pathfinder Open dispose d’un budget indicatif de 166 millions d’euros. L’appel Open 2026 est désormais clos, mais les EIC Pathfinder Challenges 2026 restent ouverts jusqu’au 28 octobre 2026.
Parmi les Challenges figurent notamment DeepRAP, consacré au deep reasoning, à l’abstraction et à la planification pour des systèmes d’IA cognitive de confiance. Le budget des Pathfinder Challenges 2026 est de 96 millions d’euros, avec jusqu’à 4 millions d’euros par projet. La logique est celle du « high-risk/high-gain ». L’EIC cherche des projets capables d'ouvrir une nouvelle trajectoire technologique, et non simplement d’améliorer marginalement une technologie existante.
La compétition est à la hauteur de cette ambition : l’EIC Pathfinder Open 2026 a reçu 2 103 propositions, représentant plus de 8,2 milliards d’euros de demandes de financement, pour un budget indicatif de 166 millions d’euros. Cela donne une indication importante pour les candidats : l’excellence scientifique ne suffit pas à elle seule si elle n’est pas traduite en proposition technologique lisible, ambitieuse et crédible.
L’IA industrielle : lorsque le projet change d’échelle
Une autre famille de dispositifs apparaît désormais clairement dans le paysage : celle qui cherche à structurer des chaînes de valeur européennes.
Le PIIEC Intelligence artificielle, lancé dans le cadre de France 2030, constitue l’un des dispositifs les plus ambitieux de cette rentrée. Son objectif est de rapprocher les grands projets d’IA appliquée aux enjeux industriels et de contribuer à la construction d’une chaîne de valeur européenne de l’IA. L’appel français est ouvert aux entreprises et organismes de recherche susceptibles de devenir participants directs ou partenaires associés.
La candidature est ouverte jusqu’au 9 septembre 2026. Pour les organismes publics de recherche, l’assiette minimale indiquée pour le statut de partenaire associé est de 4 millions d’euros. Pour une entreprise candidate comme partenaire associé, elle est de 10 millions d’euros, tandis qu’un participant direct doit porter un projet d’au moins 100 millions d’euros de dépenses éligibles. Ce dispositif change donc d’échelle.
La question n’est plus seulement :
Ι « Cette technologie fonctionne-t-elle ? »
Mais plutôt :
Ι « Quelle place cette technologie occupe-t-elle dans une chaîne de valeur européenne et quelle transformation industrielle permet-elle ? »
Robotique, IA embarquée et industrialisation
Cette logique est également visible dans le nouvel appel France 2030 Défi Flagships, consacré aux sous-systèmes innovants pour la robotique, les drones et les équipements intelligents. Une première relève est fixée au 24 septembre 2026 à 12 h, avec une clôture du dispositif le 6 avril 2027.
Le dispositif cherche notamment à organiser des co-développements entre acteurs émergents et grands acteurs, en associant entreprises, laboratoires et infrastructures d’innovation ou de valorisation. C’est une évolution importante du paysage du financement.
L’innovation n’est plus pensée uniquement comme le passage d’un laboratoire à une start-up. Elle peut aussi prendre la forme d'une chaîne de coopération entre recherche publique, DeepTech, grands groupes, infrastructures technologiques et acteurs de la valorisation. Pour l’IA et la robotique, cette logique est particulièrement structurante.
Faire entrer la recherche dans l’entreprise : les LabCom
Le dispositif LabCom 2026 de l’ANR constitue une autre pièce essentielle du continuum. Il vise à créer des laboratoires communs entre organismes de recherche publics et PME, ETI ou start-up.
La deuxième vague de dépôt se clôture le 22 septembre 2026 à 17 h. Le dispositif ne repose pas sur une collaboration ponctuelle. Il demande une véritable architecture commune : une feuille de route de recherche et d’innovation, un programme d’au moins 54 mois, une stratégie commune de valorisation, une gouvernance partagée et une stratégie de pérennisation au-delà du soutien de l’ANR.
Autrement dit, le LabCom ne finance pas simplement une relation entre un laboratoire et une entreprise. Il cherche à construire une infrastructure durable de recherche partenariale. Pour les équipes travaillant sur l’IA appliquée à des secteurs industriels, cette distinction est déterminante.
Le niveau régional : transformer l’innovation en activité économique
Le financement de l’innovation ne s’arrête pas aux grands programmes européens ou nationaux.
À l’échelle francilienne, Innov’up constitue un instrument important pour accompagner les entreprises à différents stades de maturité. La Région Île-de-France et Bpifrance soutiennent les projets de R&D et d’innovation portés par les TPE, PME et ETI, notamment dans les domaines des technologies numériques avancées et de l’intelligence artificielle.
L’aide peut atteindre 500 000 euros de subvention, complétée, selon les cas, par un Prêt à l’Innovation R&D ou une avance récupérable pouvant atteindre 3 millions d’euros. Les taux d’intervention peuvent aller de 25 % à 70 % selon la taille de l’entreprise et la nature du projet. Le dispositif est particulièrement intéressant pour les projets qui doivent franchir le passage entre faisabilité, développement et expérimentation.
La logique régionale est ainsi complémentaire des instruments européens et nationaux. Elle inscrit le financement dans une réalité territoriale : développement économique, implantation, emplois, expérimentation, mise sur le marché et retombées pour le territoire.
Une candidature solide est un projet lisible
Au-delà des dispositifs, les mêmes principes reviennent dans les meilleures candidatures.
1. Commencer par le verrou
Un bon projet ne décrit pas seulement ce que l’équipe sait déjà faire. Il identifie ce qui empêche aujourd’hui le passage à l’étape suivante.
Le verrou peut être scientifique, méthodologique, technologique, expérimental, réglementaire, économique ou organisationnel. La candidature doit montrer pourquoi le financement demandé est nécessaire pour lever ce verrou.
2. Démontrer la rupture
L’innovation ne doit pas être réduite à l’utilisation d’un modèle récent.
Dans un projet IA, il faut préciser la contribution scientifique ou technologique : nouvelle architecture, nouvelle méthode d’apprentissage, nouvelle représentation, nouvelle approche de l’incertitude, nouveau protocole d’évaluation, nouveau système robotique, nouveau mode d’interaction, nouvelle infrastructure ou nouvelle combinaison de briques existantes.
Le vocabulaire technique doit être précis. Mais la proposition doit rester compréhensible par un évaluateur qui n’est pas nécessairement spécialiste de chaque sous-domaine.
3. Faire correspondre ambition et maturité
Un projet TRL 2 ne doit pas être présenté comme une technologie prête à industrialiser. À l’inverse, une technologie déjà validée dans son environnement opérationnel doit pouvoir expliquer pourquoi elle a besoin d’un financement de passage à l’échelle. La cohérence entre TRL, objectifs, méthode, budget et calendrier est fondamentale.
4. Construire le consortium autour des fonctions
Un consortium ne doit pas être une collection de logos. Chaque partenaire doit avoir une fonction identifiable dans la trajectoire.
- Qui porte la science ?
- Qui possède la donnée ?
- Qui développe la technologie ?
- Qui valide ?
- Qui possède l’accès au terrain ?
- Qui industrialise ?
- Qui valorise ?
- Qui porte la propriété intellectuelle ?
- Qui ouvre le marché ?
Cette cartographie est particulièrement importante dans les appels européens et les dispositifs de transfert.
5. Anticiper la valorisation
La valorisation ne doit pas apparaître dans les dernières pages du dossier.
Pour un projet susceptible de produire une technologie, il faut penser tôt à la propriété intellectuelle, aux publications, aux logiciels, aux données, aux licences, aux partenaires industriels, à la création éventuelle d’une entreprise et aux besoins de maturation. Le transfert est rarement une étape finale. Il se prépare dès la conception du projet.
Le budget raconte aussi le projet
Un budget crédible ne consiste pas à répartir une enveloppe entre partenaires. Il doit traduire la logique scientifique et technologique du programme.
- Chaque dépense doit pouvoir être reliée à un objectif.
- Chaque recrutement doit correspondre à une compétence nécessaire.
- Chaque équipement doit être justifié par un verrou scientifique ou technologique.
- Chaque prestation doit avoir une fonction identifiable.
- Chaque coût de maturation doit correspondre à un risque à réduire.
Dans les dispositifs européens, cette cohérence devient particulièrement importante avec la généralisation des logiques de « lump sum » dans les instruments EIC en 2026. L’EIC précise notamment que les instruments concernés utilisent un budget lump sum et qu’un tableau budgétaire détaillé doit être fourni en annexe.
Une candidature commence avant l'ouverture de l'appel
La préparation efficace peut être organisée en plusieurs temps.
J-90 : qualifier
Identifier l’appel, lire le programme de travail, vérifier l’éligibilité, identifier le niveau de maturité et décider si le projet est réellement aligné.
J-60 : structurer
Construire le consortium, définir les rôles, clarifier les objectifs, les work packages, les livrables, les risques et la trajectoire d’impact.
J-45 : challenger
Faire relire le projet par des scientifiques externes au consortium, mais aussi par des profils capables de tester sa lisibilité stratégique, technologique et économique.
J-30 : consolider
Finaliser le budget, la gouvernance, la propriété intellectuelle, les indicateurs, les risques et les documents administratifs.
J-15 : simuler
Lire le projet comme un évaluateur.
- Qu'est-ce qui est immédiatement compréhensible ?
- Qu'est-ce qui paraît ambitieux ?
- Qu'est-ce qui paraît fragile ?
- Quelle hypothèse manque ?
- Quel risque n'est pas traité ?
- Pourquoi ce consortium ?
- Pourquoi maintenant ?
- Pourquoi ce financement ?
J-3 : sécuriser
Vérifier les formulaires, les pièces jointes, les signatures, les droits d'accès et la plateforme de dépôt.
Et surtout : ne pas attendre la dernière heure. L’ERC rappelle explicitement que les délais ne peuvent pas être modifiés et recommande de soumettre suffisamment tôt.
La rentrée 2026 : les échéances à surveiller
Pour les communautés travaillant sur l’IA, plusieurs dates méritent une attention particulière.
| Date | Dispositif | Ce qu’il faut retenir |
| 9 septembre | MSCA Postdoctoral Fellowships | Mobilité et développement de carrière des chercheurs postdoctoraux |
| 9 septembre | PIIEC Intelligence artificielle | Grands projets structurants de la chaîne de valeur européenne de l’IA |
| 10 septembre | ANR Tremplin ERC Starting Grant | Dispositif national d'appui aux candidatures ERC |
| 16 septembre | EIC Transition | Passage du résultat de recherche vers la technologie et le marché |
| 22 septembre | LabCom 2026 | Laboratoires communs recherche publique / PME, ETI, start-up |
| 24 septembre | Défi Flagships | Robotique, drones et équipements intelligents |
| 13 octobre | ANR AAPG 2027 | Recherche fondamentale, exploratoire et finalisée |
| 14 octobre | ERC Starting Grant 2027 | Recherche de frontière, bottom-up, excellence scientifique |
| 13 octobre | Horizon Europe Cluster 4, certains topics en deux étapes | IA, industrie, numérique et technologies émergentes |
| 28 octobre | EIC Pathfinder Challenges | Technologies de rupture, dont DeepRAP et IA cognitive de confiance |
| 31 décembre | SRSEI / J-MRSEI / autres instruments ANR en continu | Construction de réseaux européens et internationaux |
Pour une veille exhaustive, il faut compléter cette sélection par les portails officiels de l’ANR, de la Commission européenne, d’Horizon Europe, de Bpifrance et de la Région Île-de-France.
Une dernière règle : ne pas chercher à tout financer
La multiplication des dispositifs peut donner l'impression qu'il faut répondre à tous les appels.
C'est l'inverse.
Une stratégie de financement efficace consiste à construire une architecture de financements cohérente. → Un projet peut commencer par un financement de recherche fondamentale. → Il peut ensuite produire un résultat scientifique. → Ce résultat peut alimenter une preuve de concept. → La preuve de concept peut devenir une technologie. → La technologie peut entrer dans un dispositif de maturation. → La maturation peut conduire à un laboratoire commun ou à une start-up DeepTech. → Le projet peut ensuite mobiliser un financement européen, industriel ou régional pour atteindre le marché.
Cette succession n'est ni automatique ni linéaire.
Mais elle permet de penser autrement la politique de financement de l'innovation : non comme une succession d'appels isolés, mais comme un système de passage entre plusieurs états de maturité de la connaissance et de la technologie.
Pour la communauté IA : regarder la carte plutôt que la case
L'automne 2026 montre une évolution particulièrement nette. La frontière entre recherche, innovation et industrie devient plus poreuse. L’ANR continue de soutenir la recherche guidée par la curiosité scientifique. L’ERC finance l’excellence et les projets de frontière. Les MSCA investissent dans les trajectoires des chercheurs. L’EIC prend en charge les étapes de rupture technologique et de maturation. Les dispositifs France 2030 cherchent à faire émerger des technologies souveraines et des capacités industrielles. Les dispositifs régionaux travaillent sur l’expérimentation, le développement économique et l’ancrage territorial.
Ces instruments poursuivent différents objectifs et c’est précisément leur complémentarité qui fait leur intérêt. Pour les acteurs de l’IA, l’enjeu est désormais de savoir situer son projet dans cette architecture, d’identifier le prochain verrou à lever et de construire la combinaison de partenaires et de financements qui permettra de le franchir. La meilleure candidature n’est donc pas nécessairement celle qui demande le financement le plus important mais précisément celle qui démontre avec le plus de précision pourquoi cette équipe, ce projet, ce niveau de maturité, ce consortium et ce financement doivent se rencontrer maintenant.
Ressources officielles à consulter avant tout dépôt
ANR : appels en cours et à venir, Plan d’action 2027 et AAPG 2027.
ERC : Work Programme 2027, Starting Grant et calendrier des appels.
Commission européenne / EIC : programme de travail EIC 2026 et instruments Pathfinder, Transition et Accelerator.
Horizon Europe : programme de travail Cluster 4, consacré notamment à l’intelligence artificielle, à la robotique, au calcul avancé et aux technologies numériques.
Région Île-de-France : dispositifs Innov’up et financements régionaux de l’innovation.
France 2030 / Bpifrance : PIIEC IA, Pionniers de l’IA, Défi Flagships et dispositifs DeepTech.
Point de vigilance : les textes officiels des appels, leurs guides du candidat et les conditions d’éligibilité font foi. Les informations de synthèse présentées ici doivent toujours être vérifiées sur la page officielle du dispositif avant toute décision ou tout dépôt.