VivaTech 2026 : l’écosystème de l’intelligence artificielle entre souveraineté, industrialisation et accélération scientifique

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Date
22 Jun 2026

VivaTech 2026 : Le DIM AI4IDF au rendez-vous de l'écosystème de l'intelligence artificielle

Pendant quatre jours, le DIM a pris une part active à l'édition de VivaTech, aux côtés de la Région Île-de-France. Pour notre réseau, ce rendez-vous annuel dépasse désormais largement la logique de représentation institutionnelle. VivaTech constitue un observatoire privilégié et un baromètre en temps réel des transformations qui traversent l’écosystème IA, tant sur le plan de la recherche fondamentale que sur celui de ses applications économiques. 


Une édition qui confirme le changement d'échelle de l'IA

L'édition des dix ans du salon confirme des évolutions majeures dans la maturité des technologies et des stratégies de déploiement. Elle témoigne d'une convergence inédite entre la puissance publique, les grands instituts de recherche et le tissu industriel pour bâtir un écosystème numérique souverain, performant et qui fait écho aux réalités sociétales.

Le paysage technologique n'est plus dicté par les seuls modèles virtuels ; il s'articule désormais autour d'enjeux d'IA physique, où les modèles de fond s'incarnent dans la robotique avancée, les systèmes autonomes et les jumeaux numériques industriels. Cette matérialisation de l'IA exige une réévaluation des besoins en infrastructures de calcul intensif et une accélération des synergies avec le calcul quantique, positionnant la souveraineté matérielle comme la condition de l'indépendance scientifique française. 

Le contexte macroéconomique et technique exposé lors de l'événement met en évidence une transformation radicale des exigences des utilisateurs : l'heure est aux applications concrètes, à la transparence des données d’entraînement et à la frugalité énergétique. La course à la puissance intègre désormais des paramètres de responsabilité environnementale et d'alignement réglementaire, en parfaite conformité avec les exigences de l'AI Act européen. Ce changement d'échelle démontre que l'avenir de l'innovation ne dépend plus uniquement de la taille des modèles, mais de leur intégration sécurisée dans les infrastructures physiques et les processus métiers critiques. 


Le DIM au cœur de la dynamique francilienne

Au centre de cette effervescence, l’écosystème francilien a fait la démonstration de sa cohérence et de sa force de frappe collective. 

Du côté des Instituts IA

Hi! PARIS a profité de VivaTech pour officialiser plusieurs annonces stratégiques majeures, notamment en partenariat avec la Région Île-de-France : Lancement de la Chaire « IA, impact et innovation » : Financée en collaboration avec la Région Île-de-France, cette chaire de recherche de pointe a été confiée à l'économiste Antonin Bergeaud. 
Adossée à Hi! PARIS, elle vise à étudier scientifiquement et de manière empirique l'impact de l'intelligence artificielle sur la productivité des entreprises, les mutations du marché du travail et l'évolution de l'emploi. Aussi, le salon a permis de structurer les déploiements du programme AccelAILearning@Hi!Paris, destiné à massifier l'acculturation technologique auprès des futurs cadres, ingénieurs et managers des deux écoles fondatrices. Enfin, Vincent Rapp a profité de la dynamique de VivaTech pour porter la feuille de route stratégique de Hi! PARIS. Ses actions ont visé à consolider l'ambition de former 20 000 étudiants en IA d'ici 2030 et à intensifier les partenariats public-privé.

L'Institut DATAIA, pôle phare de l’Université Paris-Saclay et acteur structurant du DIM AI4IDF, s’est illustré à VivaTech sous l'impulsion de son directeur Frédéric Pascal, qui a mené des tables rondes dédiées à l'articulation entre propriété intellectuelle et innovation en IA. A été évoqué la manière dont les brevets issus de la recherche académique française peuvent sanctuariser la souveraineté économique nationale. Par ailleurs, le programme DATAIA Club Connection (D2C) dispositif d'animation a été valorisé sur le salon pour accélérer l'interconnexion opérationnelle entre les laboratoires d'excellence de Paris-Saclay et les grands comptes industriels. En marge du salon, l'institut a partagé les conclusions des travaux menés par Frédéric Pascal pour le ministère de l'Enseignement supérieur sur l'appropriation sociétale et la structuration des parcours de formation IA pour les prochaines générations d'ingénieurs.

PRAIRIE, dirigé par Isabelle Ryl, a concentré ses annonces sur la compétitivité internationale et la dynamique Deeptech. Isabelle Ryl, en sa qualité de conseillère et Vice-présidente IA auprès du président de l'Université PSL, a exposé la feuille de route de l'Institut pour attirer les meilleurs chercheurs internationaux et a participé à la thématique « Recherche, deep tech, talent et compétitivité globale » aux côtés de la gouvernance de PSL. D'autre part, PR[AI]RIE-PSAI poursuit le développement de collaborations stratégiques avec le monde industriel, en annonçant l'arrivée de l'AMI LABS dans l'écosystème industriel de PR[AI]RIE en tant que membre fondateur. Les chercheurs d'AMI Labs se joindront aux collaborateurs industriels et aux chercheurs de PR[AI]RIE pour construire ensemble le futur de l'IA. 

Côté Sorbonne et SCAI, une même bannière a été partagée : « Make it happen at Sorbonne Université. Build, scale, value: from research to market ». Sorbonne Université a animé une conférence sur l'adaptation des compétences professionnelles face aux ruptures technologiques. L’université a partagé un retour d'expérience sur sa formation pionnière intitulée « De ChatGPT, Mistral à DeepSeek : les IA génératives démystifiées ». Conçue à l'origine pour acculturer les cadres dirigeants et collaborateurs de l'AFNOR, cette initiative a servi d'illustration aux approches d'Executive Education en Île-de-France (notamment en lien avec le programme CMA Space Île-de-France). Aussi, lors de la journée grand public (le VivaTech Festival), l'université a présenté sur la scène "Purple Stage" la pièce de théâtre intégrale intitulée Molière Ex Machina (intitulée L'Astrologue ou les Faux Présages). 

L'Inria

Sous la direction de Bruno Sportisse, Inria a concrétisé la doctrine de l'institut en construisant une alliance stratégique européenne (Inria x DFKI). Sur l'espace German Park, Bruno Sportisse a officialisé et signé le renouvellement de l'accord de coopération pour le Centre bi-national en IA avec Antonio Krüger, CEO du DFKI. Cette signature majeure s'est déroulée en présence de Philippe Baptiste (ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche) et de son homologue allemande Dorothee Bär, consolidant l'axe franco-allemand de l'innovation de rupture. Aussi, Bruno Sportisse a co-signé un partenariat de recherche et d'innovation de premier plan avec Jean-Noël de Galzain, PDG de la pépite française WALLIX. Ce projet, soutenu par le programme public Étincelles, vise à concevoir des solutions logicielles d'IA souveraines, frugales et explicables appliquées à la cybersécurité des identités et à la gouvernance intelligente des accès. Enfin, Le PDG d'Inria a également mené une séquence d'innovation et une table ronde aux côtés de David Gurlé, fondateur de Policloud, pour sceller une alliance public-privé axée sur les infrastructures cloud souveraines et la résilience numérique européenne.


Le vivier et la diversité du DIM 

La présence du DIM s'est structurée autour de thématiques scientifiques majeures qui préfigurent l'IA de demain. La recherche en interaction humain-machine a été particulièrement mises en valeur, réaffirmant l'identité éthique et technique de l'écosystème. Le domaine de la robotique et de la recherche appliquée s'est incarné à travers les démonstrations d'Alexandre Chapoutot de l'équipe U2IS à l'ENSTA Paris, qui a présenté le robot quadrupède "Barakuda", une plateforme d'expérimentation pour la perception et la planification en environnement dynamique.

La dimension culturelle et mémorielle de l’IA a également constitué un temps fort grâce aux interventions de Samia Saad-Bouzefrane (Cnam, laboratoire CEDRIC) autour de la présentation de conférence soutenue par le DIM, « AI4CHIEF », démontrant comment les modèles de traitement du signal peuvent œuvrer pour la préservation du patrimoine et des langues peu dotées. 

Sous l'égide de Stéphane Canu, président du Conseil scientifique, le DIM a fait montre d'une vision académique rigoureuse, indispensable pour orienter les financements vers les projets de rupture les plus prometteurs. Cette excellence scientifique repose sur des fondations matérielles solides et une gestion optimisée des ressources. Jean-Philippe Proux, responsable des opérations au sein de la grande infrastructure de recherche GENCI, a rappelé l'importance critique de l'accès au supercalculateur national Jean Zay (opéré à l'IDRIS du CNRS) pour permettre aux équipes franciliennes de rivaliser à l'échelle internationale.

Enfin, cette dynamique a mis en lumière le capital le plus précieux du DIM : ses talents. Les travaux de trois doctorants du réseau ont capté l'attention de l'écosystème : Christophe Vauthier (Paris-Saclay) sur la scalabilité en haute dimension des théories du transport optimal, Adam Remaki (Sorbonne Université / AP-HP) sur la structuration sémantique des données textuelles médicales hospitalières, et Ha Anh Ngo (Inria) sur la modélisation multimodale des réparations conversationnelles. 


Ce que révèle VivaTech pour la recherche en IA

Au-delà de l'animation des stands et des présentations, les échanges qui se sont tenus à VivaTech dessinent plusieurs tendances qui redéfinissent l'agenda de la recherche en intelligence artificielle. On observe en premier lieu une montée en puissance sans précédent des besoins liés aux infrastructures de calcul et à leur accessibilité. Le temps où la recherche algorithmique s'effectuait en vase clos est révolu, la compétitivité scientifique est désormais intimement liée à la capacité d'exploiter des clusters massifs et de concevoir des architectures matérielles-logicielles optimisées (co-design). 

Par ailleurs, l'événement met en évidence une nette accélération du transfert technologique et une redéfinition des liens entre la recherche et l’industrie. Les partenariats s'organisent autour de laboratoires communs et de partages de pipelines de données industrielles. Dans ce contexte, la résolution des verrous scientifiques actuels exige une forme d'interdisciplinarité qui fait se croiser les mathématiques appliquées, l'informatique théorique, la linguistique, mais aussi les sciences humaines et sociales et les doctorants se retrouvent au pivot de cette articulation. 


Une dynamique qui dépasse le salon

L'effervescence de VivaTech est le reflet d'une trajectoire de long terme à l'échelle nationale et européenne. La mobilisation de l'écosystème s'inscrit dans la droite ligne des ambitions de France 2030. L'accent mis sur la souveraineté à VivaTech résonne directement avec le déploiement des AI Factories promues par la Commission européenne pour démocratiser le calcul intensif auprès des innovateurs. Cette ambition se décline au niveau local par une stratégie régionale francilienne. Les investissements continus de l'État et de la Région dans le supercalculateur Jean Zay, couplés aux feuilles de route sur le calcul quantique, visent à sanctuariser l’autonomie de la recherche française. Une question cruciale pour l'attractivité du territoire. 

Lors de VivaTech, Valérie Pécresse, Présidente de la Région Île-de-France, a officialisé une annonce la création de la Maison du Quantique au cœur du plateau de Saclay. Celle-ci va prendre racine dans un site hautement symbolique : l’Institut d’Optique Graduate School, situé sur le plateau de Saclay. Cet emplacement s'inscrit directement dans le sillage historique des travaux du prix Nobel de physique Alain Aspect. 

Le projet bénéficie d'une subvention de 1,2 million d'euros issue des financements France 2030. Il s'appuiera sur le réseau d'excellence locale (comprenant l'Université Paris-Saclay, l'Institut Polytechnique de Paris ou encore le réseau de recherche QuanTiP) afin de structurer les débouchés industriels de la physique quantique.

Construire les prochaines étapes

L'édition de VivaTech démontre que les grands défis de l'intelligence artificielle dépendent désormais de la capacité des acteurs à structurer et à animer un écosystème intégré, capable de faire progresser de front la recherche fondamentale, l'accès aux infrastructures de calcul, la formation des talents, le transfert technologique et les partenariats industriels.