AI Impact Summit 2026 à New Delhi : une semaine décisive pour l’intelligence artificielle responsable
Du 16 au 20 février 2026, la AI Impact Summit s’est tenue à Bharat Mandapam à New Delhi, en Inde. Premier sommet de cette ampleur organisé dans le Global South, cet événement a rassemblé plus de 100 pays, une cinquantaine de ministres, une vingtaine de chefs d’État et des centaines de dirigeants d’entreprises et d’institutions scientifiques. Il s’agit de la quatrième édition d’une série mondiale d’événements internationaux sur l’IA initiée avec le AI Safety Summit de Bletchley Park en 2023, poursuivie à Séoul en 2024 et à Paris en 2025 – le AI Action Summit – et désormais suivie par la prochaine édition prévue à Genève en 2027.
Ce sommet indien avait l’ambition d’embrasser les lignes de débats politiques et technologiques pour se positionner plus précisément sur l’impact tangible de l’IA sur les sociétés, l’économie et les enjeux de développement inclusif. L’Inde y a développé un récit de “co-construction globale” d’une IA utile, démocratique et responsable, orientée vers la réduction des fractures numériques et l’intégration de l’IA dans des domaines clés tels que la santé, l’agriculture ou l’éducation.
La semaine de New Delhi s’est tenue dans le cadre de l’Année franco-indienne de l’Innovation inaugurée le 17 février par Emmanuel Macron et Narendra Modi. Elle prolonge les orientations fixées lors du Sommet de Paris 2025 et s’inscrit dans la continuité de la stratégie nationale pour l’IA et de la dynamique européenne autour d’une intelligence artificielle responsable et souveraine.
La délégation française : recherche, formation et coopération internationale
La France y a déployé une délégation scientifique et politique d’importance, traduisant un double positionnement diplomatique et académique. La présence du Président de la République française, Emmanuel Macron, a marqué l’engagement politique au plus haut niveau dans la coopération internationale sur les questions d’IA, notamment autour de valeurs partagées de gouvernance, de sécurité et de bénéfice social de l’intelligence artificielle.
Aux côtés des acteurs politiques, la recherche française a été particulièrement bien représentée, avec des personnalités issues de l’écosystème des clusters IA franciliens et de leurs institutions partenaires.
L’Université PSL a joué un rôle central au sein de la délégation officielle française. Son président, El Mouhoub Mouhoud, a conduit une délégation académique réunissant Isabelle Ryl, directrice du cluster PR[AI]RIE, Jennifer Heurley, vice-présidente aux relations internationales, et Emmanuel Bacry, professeur à Université Paris Dauphine-PSL et président du Health Data Hub. L’École Normale Supérieure-PSL, représentée par Frédéric Worms, était également présente avec plusieurs représentants académiques, affirmant une présence collective forte de PSL dans son ensemble.
Dans le cadre des Rencontres Universitaires et Scientifiques de Haut Niveau, dites RUSH, organisées en marge du sommet, deux contributions majeures ont été portées par la délégation PSL. La seconde portait sur la structuration d’une main-d’œuvre mondiale en intelligence artificielle. Thierry Coulhon, président de l’Institut Polytechnique de Paris, a ouvert cette session en soulignant les enjeux de concentration mondiale des talents. El Mouhoub Mouhoud a ensuite développé l’idée d’une circulation organisée des compétences plutôt qu’un simple phénomène de fuite des cerveaux, en particulier entre l’Europe et les pays émergents.
La mobilisation des acteurs nationaux
L’Agence nationale de la recherche était également représentée par sa présidente-directrice générale Claire Giry. Lors des rencontres RUSH, elle a rappelé le rôle de l’ANR dans la mise en œuvre de la stratégie nationale française pour l’IA, issue du Rapport Villani. Depuis 2018, l’ANR a financé environ 800 projets en IA pour un montant cumulé de 380 millions d’euros. Dans le cadre de France 2030, 161 projets opérés par l’ANR comportent une dimension IA, pour un soutien public approchant 938 millions d’euros.
Claire Giry a également présenté l’accord-cadre entre l’ANR et le Department of Science and Technology indien, signé en 2024 dans le cadre du Joint Committee of Science and Technology. Cet accord a conduit à un premier appel conjoint en 2025 sur l’hydrogène vert, puis au lancement le 19 février 2026 d’un second appel bilatéral portant sur les mathématiques appliquées et l’IA.
Le rôle des clusters franciliens
La présence conjointe d’Isabelle Ryl pour PR[AI]RIE et de Vincent Rapp pour Hi! PARIS illustre le rôle structurant des clusters IA franciliens dans ces dynamiques internationales. Ainsi, un partenariat scientifique entre PR[AI]RIE-PSAI, Indian Institute of Technology, Delhi et l'OCCaP - Indian Institute of Science - Bangalore pour développer des méthodes de partage sécurisé des données et d’IA fédérée.
Du côté de Hi! PARIS, la participation de Vincent Rapp a permis de consolider le positionnement de l’alliance Institut Polytechnique de Paris-HEC Paris dans les discussions sur la formation de talents globaux en IA. Les échanges ont porté sur la circulation des compétences entre Europe et Inde, sur la structuration de parcours interdisciplinaires et sur la création d’environnements d’innovation capables d’articuler recherche fondamentale et applications industrielles.